Université de Strasbourg
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Historique

Comme partout au cours de son développement, à Strasbourg également, la chimie n’est devenue que progressivement une discipline indépendante. Ainsi fut-elle d’abord l’affaire des médecins puis celle des pharmaciens avant d’être pratiquée par les physiciens-chimistes et enfin par les chimistes.

  • En 1500, H. BRUNSCHWIG, chirurgien strasbourgeois, publia son premier ouvrage sur la distillation. Initialement conçue comme moyen d’élaboration de médicaments, cette technique joua au XVIIe siècle un rôle essentiel en chimie préparative des acides minéraux. En 1734, devant la Faculté de médecine de Strasbourg, J. Th. HOEFFEL soutint "pro licentia" un mémoire sur le pétrole de Pechelbronn. Ce travail comportait déjà une étude analytique, mais l’obtention éventuelle de produits médicamenteux en restait la motivation. Ce n’est que la 2e moitié du XIXe siècle qui amena l’exploitation massive de ce pétrole comme source d’énergie.
  • La lignée des SPIELMANN, apothicaires titulaires de père en fils de l’officine du Cerf en face de la cathédrale, illustre le rôle passé des pharmaciens en chimie et pas seulement sur le plan local. L’un d’eux, J. R. SPIELMANN devint en 1759 professeur de chimie, de botanique et de matière médicale à l’Université. Du temps de son père, le futur chimiste berlinois A. S. MARGGRAF avait été compagnon à la pharmacie familiale. Le petit-fils de J.R.S. y accueillera en 1813-14 pour parfaire sa formation, H. E. MERCK qui fonda en 1827 la firme de produits chimiques E. MERCK de Darmstadt.
  • Démonstrateur de physique expérimentale à Strasbourg, M. EHRMANN vit publiés en 1787 ses essais sur l’air vital conjointement à des expériences de LAVOISIER sur le même oxygène.
  • De fin 1848 à 1854, Louis PASTEUR passa 6 années de sa vie à Strasbourg. Il y enseigna la chimie à la Faculté des sciences, mais également à celle de pharmacie. Sa méthode de dédoublement d’acides optiquement actifs par l’intermédiaire de sels diastéréoisomères qu’ils forment avec les bases du quinquina en est le fruit. Son successeur immédiat fut Ch. GERHARDT, venant de Montpellier et de Paris. Habile expérimentateur et ardent défenseur des nouvelles notations chimiques, il succomba hélas en 1856 à une péritonite à peine âgé de 40 ans.
  • Du fait de l’annexion de l’Alsace au Reich allemand en 1871, le développement de la chimie strasbourgeoise se situa ensuite pendant près d’un demi-siècle dans le cadre de l’université allemande de l’Empire Guillaumien. Celle-ci réalisa un ambitieux programme d’édification à Strasbourg d’une université moderne. C’est dans son cadre que fut réalisé et achevé fin 1882 l’Institut de chimie de la rue Goethe. De régime universitaire, l’enseignement de la chimie fut assuré après 1871 d’abord par A. BAEYER et son élève E. FISCHER, puis durablement par R. FITTIG et en dernier lieu par J. THIELE.
  • Après le retour de l’Alsace à la France, à partir de 1919 ce furent P. Th. MULLER et H. GAULT qui donnèrent à l’Institut une nouvelle mission, celle de formation d’ingénieurs-chimistes, le second fondant aussi l’École du pétrole.
  • La seconde guerre mondiale valut à l’Université française de Strasbourg de 1939 à 1945 un repli à Clermont-Ferrand et à Strasbourg une nouvelle et très pesante période d’annexion. Dès après la Libération, l’Institut de chimie reprit son activité et se vit, sous l’impulsion de H. FORESTIER, bientôt qualifié ENSCS (École nationale supérieure de chimie de Strasbourg) pour ce qui est de la formation d’ingénieurs.
  • Devenu beaucoup trop étroit suite au développement récent, le bâtiment de la rue Goethe fut abandonné en 1964-65 par l’ensemble des chimistes au profit des nouvelles constructions de l’Esplanade. Devenus trilingues et restructurés, les nouveaux enseignements dispensés par l’ENSCS ont valu récemment à celle-ci statut et dénomination d’EHICS (École européenne des hautes études des industries chimiques de Strasbourg). Quant au niveau scientifique des recherches effectuées en chimie à Strasbourg, il s’est vu magnifiquement confirmé par l’attribution du prix Nobel de chimie à J. M. LEHN en 1987.

La Faculté de chimie telle qu’elle existe actuellement a été créée en 1989. Le premier directeur de la Faculté de chimie a été le Professeur Claude BENEZRA.

(Ce canevas de l’historique de la chimie à Strasbourg peut donner envie au lecteur de se reporter à un développement plus vaste, par exemple in "Les Sciences en Alsace 1538-1988" Ed. OBERLIN 1989, p. 99-132.)